Vincent Largardère

Je me suis cherché longtemps et après de multiples bifurcations entre parcours scientifiques et passion pour le cinéma, j'ai intégré l'École Supérieure de l'Image (Poitiers et Angoulême) où j'ai accroché à une pratique photographique argentique nourrie des autres pratiques plastiques.

Mon métier – infographiste, intégrateur web pour un réseau de musées publiques - m'a permis de maintenir un rapport direct à l'art, à la culture et à une pratique constante de l'image et, dans une certaine mesure, de la photo. J'ai repris récemment une activité photo personnelle que j'avais mise en sommeil depuis trop longtemps.

J'ai (r)accroché à la macro, à ce monde à portée de main, au seuil de sa maison, avec l'envie d'approcher au plus près ces « machines » impressionnantes, ces monstres fabuleux que sont les insectes, les araignées et les collemboles. La macro m'apporte le calme, la concentration, l'observation, la compréhension des mœurs de ces "bestioles", une certaine éloge de la lenteur parfois contrecarrée par l'urgence impulsée d'un vol nerveux ou de la course poursuite à ras du sol.

À force d'observer ce microcosme à ras de terre, ma rencontre avec l'univers des champignons ne pouvait que se (re)produire.

Dans mon adolescence, la chasse (gastronomique) familiale aux champignons a probablement inscrit une trace au fond de mon cerveau. Piètre chasseur de comestible et cadet de la famille, j'ai rapidement voulu savoir à quoi j'avais affaire avec tous ces champignons que mes parents, pourtant biologistes de profession, regardaient avec dédain ou suspicion.

Et c'est des années plus tard, en retrouvant le goût de la photo, que j'ai repris cette chasse maintenant bien plus esthétique que culinaire pour ces habitants de notre terre à la fois secret, magnifique et terrible, « underground » au sens propre comme au figuré.